Soudan : un leader de l’opposition arrêté après des manifestations

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    Un des chefs de file du principal parti de l’opposition soudanaise a été arrêté après des manifestations antigouvernementales contre la hausse du prix du pain, a annoncé vendredi cette formation, al-Oumma. Des agents du puissant Service national du renseignement et de la sécurité (NISS) ont arrêté jeudi soir tard Fadlalla Burma Nassir, l’adjoint du chef d’Al-Oumma, chez lui, selon ce parti. Al-Oumma est dirigé par Sadek al-Mahdi, le dernier Premier ministre démocratiquement élu du Soudan, qui avait été chassé par le coup d’Etat fomenté en 1989 par le général Omar el-Béchir, l’actuel président. Cette formation politique est l’une des plus anciennes du Soudan. M. Nassir, un général à la retraite et ancien chef d‘état major avait dirigé le ministère de la Défense sous le gouvernement de M. Mahdi. Dans un communiqué, al-Oumma “condamne vivement l’arrestation de son dirigeant et d’autres personnes et réclame leur libération immédiate ou leur jugement”. Dans un incident séparé, plusieurs militants de l’opposition ont également été arrêtés jeudi après un rassemblement à Khartoum, selon un communiqué des opposants. Le récent doublement du prix du pain, consécutif à la décision du gouvernement de confier les importations céréalières au secteur privé, a suscité un vif mécontentement au sein de la population. Depuis début janvier, des manifestations sporadiques pour protester contre la hausse des prix, ont été réprimées par la police dans plusieurs villes du Soudan. Plusieurs dirigeants de l’opposition et militants des droits de l’Homme ont été arrêtés. Des journalistes qui couvraient ces manifestations ont également été détenus mais la plupart d’entre eux ont depuis été relâchés. Mercredi, les ambassadeurs de l’Union européenne (UE) au Soudan avaient exhorté les autorités à libérer des dizaines de personnes arrêtées alors qu’elles manifestaient contre des hausses de prix. Parmi elles figure le secrétaire général du parti communiste soudanais, Mokhtar al-Khatib. En 2016, le Soudan avait déjà été le théâtre d’un mouvement de protestation après la décision des autorités de réduire les subventions sur le carburant, mesure qui avait entraîné une forte hausse des prix. Le régime avait rapidement réprimé ce mouvement afin de ne pas voir se reproduire les heurts sanglants de 2013, déjà liés à une précédente réduction des subventions sur l’essence et qui avaient fait des dizaines de morts, selon des groupes de défense des droits de l’Homme. AFP

    Article provenant de notre partenaire Africanews

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